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Projet nucléaire britannique : 700 millions de livres sterling pour sauver 0,083 poisson, c'est vraiment scandaleux !

21/09/2026#核电#环保争议#英国#舆论传播
Projet nucléaire britannique : 700 millions de livres sterling pour sauver 0,083 poisson, c'est vraiment scandaleux !
Mesdames et messieurs, une actualité récente m’a vraiment fait rire : le projet nucléaire national britannique de Hinkley Point C a en effet dépensé 700 millions de livres sterling pour protéger les poissons, ce qui revient à sauver chaque année seulement 0,083 saumon de l’Atlantique et 0,028 truite de mer. C’est tout simplement absurde ! Après vérification, ces chiffres proviennent du rapport britannique de 2025 sur la réglementation de l’énergie nucléaire, rédigé par Fingleton, un ancien fonctionnaire du Cabinet Office. Il s’est plaint au Times en affirmant que la protection des poissons n’était pas la chose la plus absurde : il suffirait de l’arrivée d’une seule sterne arctique pour que notre projet nucléaire soit mis à l’arrêt. Ces propos ont valu au Royaume-Uni d’être la cible des moqueries des internautes du monde entier. Hinkley Point C est le plus grand projet d’infrastructure du Royaume-Uni. Il y a dix ans, à l’apogée des relations sino-britanniques, China General Nuclear Power Group (CGN), en tant qu’actionnaire minoritaire, s’était associé à EDF pour participer à ce projet. Par la suite, le vent a tourné au Royaume-Uni, qui n’a cessé de chercher à se désengager ; les risques politiques se sont transformés en risques économiques, et les coûts sont devenus incontrôlables. En 2016, le budget du projet s’élevait à 18 milliards de livres sterling ; aujourd’hui, le coût réel a grimpé à 48 milliards, dépassant le seuil d’alerte. En 2023, CGN a annoncé qu’elle ne prendrait pas en charge les dépassements de coûts ultérieurs. Du côté d’EDF, le projet est « trop grand pour faire faillite » : ni le gouvernement britannique ni le gouvernement français ne peuvent se permettre de le laisser en plan, ils n’ont donc d’autre choix que de serrer les dents et de persévérer. Le projet accuse également un retard considérable : alors qu’il était initialement prévu de produire de l’électricité en 2025, les travaux de génie civil viennent seulement d’être achevés cette année et l’on s’apprête à passer à la phase d’aménagement technique consistant à installer les différents réseaux. Il faudra attendre au moins 2030 pour que les premières tranches entrent en service. Conclusion de la commission d’enquête : le système de régulation nucléaire britannique est trop complexe, souffre d’une bureaucratie excessive et de redondances dans les procédures, ce qui entraîne les coûts les plus élevés au monde. Mais 700 millions de livres sterling ne suffisent-elles vraiment qu’à sauver 0,083 poisson ? Il faut y voir plus clair. Tout d’abord, pourquoi sauver les poissons ? Hinkley Point C est une centrale nucléaire à réacteur à eau pressurisée qui doit pomper d’énormes quantités d’eau de mer pour refroidir le cœur du réacteur et la vapeur, soit l’équivalent de 12 piscines par seconde. Les gros poissons s’en sortent encore, mais c’est une autre histoire pour les petits. Le projet initial ne prévoyait qu’un simple tamis de base : les poissons suffisamment gros ne risquaient pas d’être aspirés, mais pour les petits, c’était tout simplement « RIP ». Combien de poissons mourraient-ils chaque année ? EDF avançait le chiffre de 44 tonnes, soit moins que ce que capture un seul bateau de pêche ; les associations de défense de l’environnement n’ont pas accepté cet argument, affirmant que l’EDF se basait sur des données de pêche qui ne tenaient compte que de la densité des gros poissons capturables, sans prendre en considération les alevins ni les œufs. En calculant sur la base de la densité des œufs et en supposant que tous survivent, cela représente 182 millions de vies. Le projet a donc été revu : un système de récupération et de réintroduction des poissons a été ajouté pour renvoyer les poissons aspirés, ce qui implique un réseau complexe de canalisations et fait grimper les coûts. Les associations écologistes ont continué à contester : les petits poissons peuvent être blessés, voire morts, après avoir été aspirés une seule fois ; à quoi cela sert-il de les relâcher ? C’est ainsi que le dispositif de dissuasion par sonar, tant critiqué, a été mis en service : il perturbe l’ouïe des poissons, les incitant à se tenir à distance pour ne pas être aspirés. Mais d’où vient donc ce chiffre de 700 millions de livres sterling ? En réalité, le coût de la récupération des poissons n’est pas de 700 millions de livres sterling ; ce montant correspond au coût total du système de refroidissement. Les structures de prélèvement d’eau représentent à elles seules 70 % de ce coût, la récupération des poissons 20 %, tandis que le système de dissuasion par sonar et les autres frais ne représentent que 5 %, soit 35 millions de livres sterling. Mais EDF ne souhaite même pas débourser ces 35 millions de livres sterling et ne cesse de repousser la date d’installation, prétextant que les coûts d’installation et de maintenance sont trop élevés, qu’il est impossible de trouver des plongeurs pour effectuer les travaux et que les eaux de cette zone sont à la fois tumultueuses et troubles. Or, l’installation de ce système était une obligation imposée par l’arrêté d’autorisation de développement de 2013. Le promoteur a tenté de s’en dispenser, mais ses recours répétés ont tous été rejetés ; aucune solution de remplacement n’a été jugée acceptable. Le projet a donc été reporté jusqu’à aujourd’hui, sans que le système n’ait été installé. Le promoteur a désormais accepté la situation et ne se débat plus. Mais si l’on refait le calcul aujourd’hui, ce n’est plus 35 millions, mais 50 millions — car le budget initial de 700 millions de livres sterling avait été établi sur la base des prix de 2015 ; avec un taux d’inflation cumulé de près de 40 % sur dix ans, ces 35 millions se transforment naturellement en 50 millions. Et comment a-t-on calculé ce nombre de poissons à la décimale près ? Dans cette zone maritime, la population totale de saumons de l’Atlantique et de truites de mer est déjà très faible ; de plus, ce sont des poissons migrateurs qui ne passent par là que pendant une très courte période chaque année. Si les auteurs du rapport ont tenu à mettre en avant ces deux espèces, c’est précisément pour souligner l’absurdité de la situation et donner l’impression que les 50 millions consacrés à la protection des animaux ne servent absolument à rien. La protection de l’environnement est déjà un sujet très politisé dans le débat entre la gauche et la droite occidentales ; les médias, soucieux d’attirer un public sensible aux émotions, savent bien amplifier les controverses — ils ne parlent pas des 50 millions, mais mentionnent spécifiquement le montant total de 700 millions. Quant à la sterne arctique, il s’agit d’un autre projet nucléaire avorté, celui de la centrale de Vilfa, dont le site prévu se trouvait à proximité d’une réserve naturelle constituant un important site de reproduction pour cette espèce, qui est par ailleurs protégée par la législation européenne. Les organisations environnementales ont fait valoir que le bruit des travaux effraierait ces oiseaux marins au caractère capricieux, les dissuadant de venir pondre leurs œufs, ce qui causerait des dommages irréversibles à l’espèce. Les auteurs du rapport souhaitent avant tout souligner que les procédures fastidieuses d’évaluation environnementale et d’autorisation ralentissent les projets et nuisent à la stratégie nationale. Or, l’abandon de ce projet n’est en réalité pas dû à des problèmes environnementaux, mais au fait que le modèle de financement n’avait pas été finalisé entre le constructeur, Hitachi, et le gouvernement britannique ; les parties n’ont pas réussi à s’entendre sur les questions financières — ce n’était pas une question d’oiseaux. Si Fingleton a tenu à mettre en avant l’absurdité de la réglementation auprès des médias, cela s’inscrit dans la lignée de sa position toujours très marquée en tant qu’économiste néolibéral — il a toujours prôné la déréglementation, l’amélioration de l’efficacité et la promotion de la croissance. Son rapport appelle d’ailleurs à une refonte fondamentale du système réglementaire, afin de donner la priorité au développement économique. Cela dit, ce problème aurait-il vraiment pu être évité ? C’est difficile à dire. À l’époque, la prise de conscience environnementale et la législation en la matière étaient insuffisantes ; aujourd’hui, alors que la prise de conscience et la législation ne cessent de s’améliorer, il est inévitable de devoir dépenser des sommes colossales pour résoudre des problèmes qui auraient dû être réglés ou évités lors du choix du site. Aux États-Unis, la situation est similaire à celle du Royaume-Uni : lors du choix des sites, la priorité est donnée à l’utilisation d’installations existantes, ce qui rend les enjeux complexes. La France, en tant que grande puissance nucléaire, considère le choix des sites comme une stratégie nationale : les procédures d’examen sont rigoureuses et la mise en œuvre des mesures environnementales est accélérée. La Chine, quant à elle, fait preuve d’une planification très rigoureuse : le choix des sites doit strictement respecter les normes de sécurité en matière de géologie, d’hydrologie, de démographie et de sismologie, tout en répondant aux exigences strictes des autorités environnementales. Dès le début, les réserves naturelles et les habitats essentiels des espèces rares sont évités, et une fois le site retenu, une surveillance environnementale stricte et continue est mise en place. En revanche, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les projets nucléaires sont confiés au secteur privé ou font l’objet de partenariats public-privé. La minimisation des coûts économiques est l’objectif absolu des investisseurs, qui s’efforcent d’utiliser au maximum les installations existantes et de contourner la réglementation par des moyens juridiques. Quant aux coûts sociaux et environnementaux, ils préfèrent ne pas les assumer si possible. Du côté du gouvernement, l’absence d’autorité centrale et la fragmentation du système de régulation rendent difficile l’harmonisation, dès la phase de planification, des objectifs énergétiques, économiques et environnementaux pour les intégrer dans la stratégie nationale. Dans des pays comme la Chine et la France, pour des projets tels que l’énergie nucléaire, qui touchent à la sécurité énergétique nationale, l’État s’implique nécessairement dès le début ; tous les acteurs doivent coopérer efficacement à tous les niveaux, respecter les normes et réduire le désordre systémique, ce qui permet d’éviter d’importants gaspillages. L’affaire britannique n’est donc pas simplement une anecdote ridicule, mais un cas qui révèle plusieurs niveaux de complexité : une prédominance du secteur privé, une réglementation fragmentée, une aversion au risque et des processus redondants, qui ont finalement abouti à l’énergie nucléaire la plus chère au monde. C’est ce système de régulation lui-même qui mérite véritablement d’être remis en question, et non pas ces 0,083 poisson qui servent de bouffon.